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Cet article est ma traduction en français d’un billet que Mark Shuttleworth à publié en anglais sur son blog le 12 mai 2007.

Une évolution des projets à long terme concernant la gestion des versions d’Ubuntu. 8.04 LTS a représenté un très grand pas en avant dans notre réflexion sur la gestion des versions. Autant que je sache il n’y a jamais eu, à ce jour, de « plate-forme d’entreprise » livrée exactement selon le calendrier prévu, qu’il s’agisse d’un système d’exploitation propriétaire ou de Linux. En plus d’avoir prouvé que nous étions capable de produire une version LTS dans le délai standard de 6 mois, cela a montré que nous pouvions nous engager vis-à-vis d’une LTS dès le cycle précédent. Félicitations à ceux qui ont pris les décisions techniques, aux gestionnaires de versions, et à l’ensemble de la communauté qui s’est associée à nous dans ce but.

Le résultat est que nous pouvons promettre que la prochaine version LTS d’Ubuntu sera la 10.04 LTS, en avril 2010.

Ceci représente un bénéfice des plus extraordinaires, et pour moi assez inattendu, pour ceux qui déploient du logiciel libre. La plupart des gens supposent que la gestion précise des versions dépend du contrôle total des parties constituantes – et donc possible uniquement dans un contexte propriétaire. Microsoft écrit (presque) chaque ligne de code dans Windows, donc vous pourriez penser qu’ils devraient être capables de prévoir, et de respecter, une date de livraison précise. Mais dans les faits c’est l’inverse qui est vrai – les distributions de logiciels libres ou les vendeurs de systèmes d’exploitation libres peuvent fournir de meilleures garanties concernant les dates de livraisons que les vendeurs de systèmes d’exploitation propriétaires, car nous pouvons nous focaliser sur la tâche critique de la sélection des composants, l’intégration, le test, la gestion des correctifs et la distribution plutôt que sur des aspects que les projets en amont sont mieux à même de gérer – le développement de fonctionnalités pour les composants principaux. Ceci est pour moi une très bonne raison pour que les distributions se concentrent sur la distribution – c’est la seule chose qu’elles font et que les projets en amont ne font pas, d’où leur besoin d’investir énormément dans ce domaine afin d’être le meilleur support possible pour le travail réalisé en amont.

Nous nous sommes aussi engagés, pour la première fois, à publier régulièrement une série de versions intermédiaires pour la 8.04 LTS. Cela commencera trois mois après publication de la LTS, et sera répété tous les six mois jusqu’à ce que la LTS suivante soit sortie. Ces versions intermédiaires incluront la prise en charge de nouveaux matériels ainsi que l’ensemble des mises à jour publiées pour cette version. De cette manière l’installation d’une version intermédiaire fonctionnera sur de nouveaux matériels et ne nécessitera pas d’importants téléchargements de mises à jour.

Gerry Carr de Canonical a produit ce diagramme qui décrit très bien le planning de gestion des versions :

L’équipe d’Ubuntu a fait un travail extraordinaire en permettant que l’on puisse mettre à jour directement une version vers une autre version, ainsi qu’une LTS vers une autre LTS. Je suis très fier de faire partie de cette communauté ! Avec l’ajout des fonctionnalités pour la prise en charge de nouveaux matériels dans les versions d’une LTS, je pense que nous apportons une contribution à la communauté du logiciel libre – en favorisant la distribution de l’excellent travail de centaines d’autres équipes, de kernel.org à GNOME et KDE, d’une manière fiable et à un très large public.

Il y a une chose qui pourrait me convaincre de modifier la date de la prochaine LTS d’Ubuntu : l’opportunité de collaborer avec les autres grandes distributions en suivant un cycle coordonnée de versions majeures / mineures. Si deux sur trois parmi Red Hat (RHEL), Novell (SLES) et Debian étaient prêts à s’accorder à l’avance sur une date, et donc sur une combinaison de noyau, outils de compilation, versions de GNOME/KDE, X et OpenOffice, et acceptaient un cycle de six mois ainsi qu’un de 2-3 ans pour le long terme, alors je réalignerais avec joie les cycles à court et long terme d’Ubuntu sur ces bases. Je pense que les bénéfices de ce type d’alignement seraient énormes pour les utilisateurs, les projets en amont et les distributions elles-mêmes. Je développerai cette idée en temps voulu, pour l’heure disons que c’est juste mon rêve d’une vraie synchronicité du logiciel libre.

Origine : The Art of Release