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Cet article est ma traduction en français d’un billet que Mark Shuttleworth à publié en anglais sur son blog le 12 juin 2007.

Vincenzo Ciaglia de Linux-Magazine Italie m’a envoyé quelques questions concernant la version 8.04 LTS. Comme il allait traduire l’entretien en italien cette semaine, il était content que je publie la version anglaise ici.

1) Salut Mark, merci pour votre disponibilité. Pour commencer, quelques questions simples pour vous présenter à nos lecteurs. Quel est votre rôle chez Ubuntu/Canonical et que faites vous durant votre temps libre ? Quels sont vos passes-temps ?

Mon sport favori est le surf des neiges et j’aime voyager sous les tropiques. Mais en fin de compte je suis plus heureux quand je fais le geek, je lis, je joue à des jeux ou je me détend avec des amis.

2) Vous êtes le fondateur de Canonical, la société qui édite Ubuntu. Pourquoi avez-vous décidé d’investir beaucoup d’argent (10 millions de $) dans une start-up ? Dans quels domaines travaille-t-elle ? Comment rendez-vous la société viable ?

La vision d’Ubuntu et de Canonical est symbiotique. Nous croyons que Linux est arrivé à un point où il est possible de concevoir la plate-forme pour un coût suffisamment bas de sorte qu’elle soit rentable simplement par les services associés, plutôt qu’en la vendant sous licence. En d’autres termes, nous pensons que l’assistance, la formation, les services en ligne et l’ingénierie professionnelle pour ceux qui veulent adapter Ubuntu commercialement, rapporteront assez d’argent pour payer Ubuntu lui-même.

Cela signifie que nous pouvons fondamentalement changer le modèle économique de l’industrie des systèmes d’exploitation. Bien sûr, il faudra du temps pour prouver que nous pouvons y parvenir, mais nous avons une superbe équipe et maintenant que Ubuntu est bien établi nous observons une augmentation de la demande des services chez Canonical, ce qui est positif.

3) Ok, parlons un peu de la dernière version 8.04 de Ubuntu. Dans un entretien vous avez dit « Hardy Heron est la version la plus significative jamais réalisée ». Bien, pouvez-vous parler des améliorations majeures de cette version ?

Premièrement, c’est une version LTS (« Long Term Support ») qui a été livrée en respectant un calendrier très précis. Six mois auparavant nous nous étions engagés à livrer la version 8.04 LTS le 24 avril et c’est exactement ce que nous avons fait. Autant que je sache, personne n’a jamais livré une version d’un système d’exploitation « d’entreprise » en suivant un planning aussi précis. Et non content de l’avoir fait, nous nous sommes maintenant engagé à livrer la prochaine LTS en avril 2010, ce sera la version 10.04 LTS et nous fixerons la date exacte six mois à l’avance comme nous l’avons fait pour celle-là. C’est grâce à Debian et à la communauté du logiciel libre que nous pouvons faire cela. La version 8.04 LTS a donc prouvé notre capacité à livrer dans les temps non seulement des versions supportées 18 mois, mais aussi des versions LTS. Nous espérons vraiment que d’autres distributions suivront notre exemple de cycle LTS avec leurs versions entreprise, car cela nous permettra de collaborer plus facilement et améliorera les principales distributions Linux.

Deuxièmement, il y de nouveaux développements très significatifs pour Ubuntu lui-même. Pour la version serveur, nous avons travaillé avec HP sur leur gamme Proliant et avec Dell sur leur gamme PowerEdge, pour nous assurer que la version 8.04 LTS serait compatible avec leurs serveurs x86. Nous ne sommes pas encore certifiés, mais nous sommes sûr que cela « Fonctionne ». Sun Microsystems est allé plus loin et a en fait certifié la version 8.04 LTS sur une gamme de serveurs x86. C’est un important pas en avant pour Ubuntu dans le monde du serveur. Nous constatons maintenant que Ubuntu est très utilisé sur les serveurs – c’est la plate-forme serveur la plus populaire chez plusieurs éditeurs de logiciel. Il est donc important que nous travaillions avec des vendeurs de serveurs et des vendeurs de solutions pour serveurs. Nous avons investi beaucoup de travail dans la mise en oeuvre de la virtualisation avec KVM et VMWare, parce que nous voyons que des gens fabriquent des centaines serveurs dédiés à la virtualisation sous Ubuntu.

Sur le poste de travail, nous avons mis l’accent sur la simplification de l’installation de Ubuntu, en particulier sur une machine déjà équipée de Windows, sur laquelle nous pouvons maintenant installer Ubuntu dans un fichier sur la partition Windows plutôt que d’avoir à redimensionner la partition Windows pour créer une nouvelle partition pour Ubuntu. C’est plus facile pour ceux qui veulent tester Ubuntu et avoir ainsi un avant-goût de ce qu’est le logiciel libre. Nous avons également travaillé sur plusieurs activités que les gens aiment faire avec leur PC, comme manipuler des photos ou faire de la musique et nous avons commencé à améliorer les choses pour l’utilisateur.

4) Il y a encore des problèmes matériels (en particulier avec certains périphériques sans-fil) sous Ubuntu. Comment pensez vous résoudre ce type de problèmes et améliorer la prise en charge du matériel dans les prochaines versions ?

Nous sommes de plus en plus apte à travailler directement avec les fabricants de matériels, pour essayer de les convaincre de développer des gestionnaires de périphériques libres pour leurs matériels. Nos relations avec différentes sociétés fabriquant des PC montrent que nous pouvons exercer, d’une manière convenable, une pression soutenue pour que les gens adoptent Linux.

Nous travaillons aussi très dur pour relier tous les affreux bouts de ficelle qui sont nécessaires pour rendre agréable l’utilisation de Linux sur votre machine. Malheureusement, il y a par exemple de nombreuses couches de gestion des liaisons sans-fil qui offrent des possibilités variées. Et Ubuntu dépense beaucoup de temps pour leur intégration et leur mise au point pour essayer de créer des conditions d’utilisations harmonieuses et standardisées pour les utilisateurs finaux.

5) Quel genre d’améliorations la version 8.04 de Ubuntu apporte-t-elle aux serveurs et aux solutions de virtualisation ?

L’édition serveur de Ubuntu reprend toutes les merveilleuses caractéristiques de Debian – il est modulaire, efficace, dispose d’un énorme choix de paquets, et il est très facile à installer et à administrer. De plus, nous avons beaucoup travaillé avec les fabricants de serveurs pour nous assurer de la compatibilité avec leurs matériels et nous avons commencé des certifications avec quelques uns d’entre eux.

Notre offre de virtualisation est basée sur KVM et VMWare. Tel quel, Ubuntu devrait vous donner toute satisfaction avec chacun d’eux. Ubuntu est optimisé et rigoureusement testé, et il est certifié sur la plate-forme serveur ESX de WMWare. KVM qui est l’option de virtualisation libre que nous préférons est intégré au noyau serveur standard. Il existe également un noyau Xen pour ceux qui préfèrent Xen.

Nous avons fait beaucoup pour l’intégration des serveurs Ubuntu et des réseaux Windows, en particulier dans le domaine de l’Active Directory et des serveurs de partage de fichiers SMB. Nous avons travaillé avec une société qui s’appelle Likewise pour être sur que le processus permettant de rejoindre un réseau Active Directory était correct et pouvait également permettre de gérer des machines Linux via l’AD en utilisant les outils professionnels de Likewise. Toutes les possibilités offertes pour réaliser les actions de base sont du logiciel libre et sont intégrées dans Ubuntu.

6) Une vilaine question venant de nos lecteurs : Ubuntu est vraiment un géant maintenant, essayez-vous de tuer le projet Debian ?

Absolument pas. Je suis moi-même un développeur Debian et je suis fier de ce que Debian a réalisé, et également fier de tout ce en quoi Ubuntu contribue au sein du projet Debian. Nous considérons que Ubuntu est un membre de la famille Debian, qui s’est juste axé sur les utilisations particulières et les plates-formes que veulent nos clients.

La majeure partie de ce que nous faisons dans Ubuntu sert directement à Debian. Nous supervisons le conditionnement de nombreux composants importants pour le poste de travail, le serveur, l’ensemble des outils, et nous apportons ce travail directement à Debian. En conséquence de quoi, Debian est maintenant mis à jour plus souvent qu’avant sans Ubuntu. Nous avons apporté de nombreux changements décisifs et nous essayons toujours de collaborer avec les bonnes personnes en amont ET chez Debian pour être sûr que tout ce passe bien dans ces projets. La plupart des DD (Debian Developer) sont très heureux de collaborer, mais certains perçoivent Ubuntu comme une menace, ou font des demandes déraisonnables pour Ubuntu parce qu’il pensent « vous avez de l’argent » alors qu’en fait Ubuntu est majoritairement basé sur le volontariat.

Ma vision est que Debian et Ubuntu deviendront de plus en plus fort grâce à une bonne collaboration. Je suis en train d’essayer de faire accepter une présentation à DebConf pour aider à transformer cette vision en réalité, mais jusqu’à maintenant je n’ai pas eu la chance d’avoir reçu l’accord. On espère, que ceux qui dirigent Debian vont commencer à admettre l’idée que le succès de Ubuntu est très bon pour Debian.

7) Vous travaillez avec des fabricants de systèmes embarqués et des sociétés d’électronique. De quelle manière ? Quel est votre travail dans le partenariat étroit avec Intel ?

Linux est de plus en plus utilisé par les fournisseurs de solutions embarquées et beaucoup d’entre eux veulent utiliser Ubuntu. Nous avons donc travaillé avec Intel pour être sûr que Ubuntu prenne totalement en charge leurs matériels (processeurs, chipsets, composants graphiques et autres).

8) Ubuntu est sûrement la distribution GNU/Linux la plus utilisée et la plus appréciée dans le monde. Mais, pensez-vous que Linux Ubuntu atteindra – un jour – le succès d’autres systèmes d’exploitation comme OS X et Windows ? De quelle façon pensez-vous accomplir un objectif similaire ?

Je pense vraiment que le logiciel libre sera largement reconnu, que l’on aura confiance en lui et qu’il sera utilisé par tous types d’utilisateurs, et ne sera pas réservé aux spécialistes comme c’est encore le cas. On espère que Ubuntu aura sa place, mais je ne pense pas qu’une plate-forme dominera l’ère du logiciel libre comme Windows à dominé l’ère des logiciels propriétaires. Ubuntu est axé sur des besoins spécifiques et il y a d’autres versions de Linux ou de BSD qui correspondent à d’autres.

Pour sortir du lot, nous devons offrir des conditions d’utilisations du poste de travail originales, qui soient simples à utiliser, et que les gens jugeront à même de répondre à leurs besoins futurs et à ceux de leurs collègues.

9) Tout le monde parle de GNU/Linux mais pour l’instant il ne semble pas que beaucoup de gens aient confiance en Linux (des statistiques rapportent que l’utilisation mondiale de Linux et de 0,xx %). Quel est le problème ? Ubuntu est pourtant vraiment un super système d’exploitation. Pensez-vous que c’est juste à cause d’une question de marketing ou parce qu’il y a une lacune au niveau des jeux ?

Je pense qu’il est temps de changer les habitudes de centaines de millions de personnes ! Je pense aussi que nous devons proposer quelque chose qui soit meilleur que tout le reste. Des projets comme Firefox ne se donnent pas pour objectif d’être « un bon navigateur », ils disent « nous voulons être le meilleur navigateur sur toutes les plates-formes, un point c’est tout » et le résultat est qu’ils sont très populaires même sur Windows. Nous avons besoin de cette attitude gagnante partout.

10) Canonical a été la première société GNU/Linux à traiter avec un fabricant d’ordinateurs, Dell. Comment vont les affaires aujourd’hui ? La chose curieuse est que sur IdeaStorm beaucoup d’utilisateurs réclamaient des ordinateurs sous Linux mais après quelques mois il semble que les ventes ne sont pas bonnes, ou tout du moins pas autant qu’on l’espérait. Pourquoi ? GNU/Linux n’est peut-être pas encore prêt pour le marché du grand public ?

Je suis d’accord sur le fait que plus les gens achèteront des systèmes avec Linux pré-installé, plus des choses comme la prise en charge matérielle seront traitées rapidement. Heureusement, nous voyons déjà que des millions d’unités sont livrées avec Linux, pas seulement dans le domaine des PC haut de gamme. Le bas de gamme est très actif, surtout dans des pays comme le Brésil et la Chine. Doucement, Linux commence à faire du volume.

11) Travaillez-vous avec d’autres fabricants d’ordinateurs pour vendre d’autres machines de bureau ou des portables basés sur Ubuntu ? Nous sommes italiens et les ordinateurs Ubuntu-Dell n’arriveront jamais dans notre pays. Pourquoi Dell, et d’autres vendeurs, sont-ils aussi hésitants pour vendre des ordinateurs GNU/Linux dans le monde entier ?

C’est une simple question de demande et de coût pour la satisfaire. Tout constructeur de PC envisagera une opportunité d’un point de vue économique, et c’est bien qu’ils procèdent ainsi. Jusqu’à ce que les gens en Italie soient réellement décidés à acheter des ordinateurs avec Linux pré-installé, il n’y aura pas de vrai marché pour eux. Je suis sûr que des fournisseurs locaux qui assemblent des ordinateurs pré-installeront Ubuntu pour vous. Vous devez les aider à devenir suffisamment importants pour que les Dell, HP et Lenovo du monde soient convaincus qu’il y a une opportunité qui vaille la peine pour eux.

12) Quel est votre point de vue sur l’accord controversé Novell-Microsoft ?

Il y a de bonnes intentions, et il y a de mauvaises intentions, et malheureusement elles sont toutes mélangées dans cet accord. Le côté positif est qu’il est bon de voir Microsoft reconnaître que l’on a besoin de Linux et de Windows, et d’interopérabilité. Le côté négatif est que l’accord ne marche que financièrement car Novell et Microsoft ont le même modèle économique – vendre des licences de logiciels pour un certain prix par poste.

Microsoft est dans une situation délicate. Ils veulent à tout prix stopper l’utilisation gratuite de Linux et ils voudraient utiliser des brevets pour y arriver, ceci explique pourquoi ils ont structuré l’accord sur une « Licence de propriété intellectuelle » fictive. Mais ils savent aussi que les ingénieurs du logiciel libre pourront probablement se passer de tous les brevets qu’ils brandissent, c’est pourquoi ils sont assez réticents à faire état des brevets dont ils pensent qu’ils pourraient justifier un tel accord.

13) Dans un entretien vous avez déclaré que « vous seriez heureux de travailler avec Microsoft ». Voulez-vous faire un autre accord comme celui de Novell ou quoi ?

Je suis très heureux de travailler avec Microsoft, ou toute autre société, pour améliorer la situation du logiciel libre et de l’industrie du logiciel dans sa gobalité. Il y a de nombreuses choses sur lesquelles nous pouvons collaborer là où nous avons des intérêt communs – en encourageant, par exemple, de bons principes de télécommunications.

Mais je n’accepterais pas un accord comme celui de Novell, car je pense qu’il n’y a en fait aucun problème de propriété intellectuelle, et jusqu’à ce que Microsoft montre effectivement les brevets par lesquels il est concerné il n’y a pas lieu pour nous d’engager une action. Malheureusement pour Novell, je pense qu’ils ont conclu un accord qui leur donne un peu d’élan à court terme, pour un coût très élevé à long terme. L’avenir nous le dira.

14) Et que pensez-vous du standard OOXML et du Microsoft Open Promise ?

Je ne pense pas que la déclaration de l’ISO faisant de OOXML un standard apportera un quelconque bénéfice aux utilisateurs de Microsoft Office. Ils continueront d’utiliser un gros logiciel sans concurrence, qui ne respecte pas vraiment les standards. C’est dommage. Les clients de Microsoft ont eu l’opportunité d’initier une réelle innovation dans le monde du document, en encourageant Microsoft à prendre en charge le format ODF existant, ouvert et bien défini. Mais ils ne l’ont pas fait – Microsoft a réussi à pousser suffisamment de partenaires et de revendeurs dans le processus de standardisation, pour que la décision de l’ISO ne reflète rien d’autre que les intérêts commerciaux de Microsoft.

15) Nous disposons de GNU/Linux sur des portables ultra-mobiles à bas prix. Que pensez-vous de la révolution des Eee PC sous Linux ?

Je pense que c’est génial !

16) Acer, HP, MSI, Asus et bien d’autres veulent rejoindre le marché des UMPC sous Linux. Préparez-vous des accords pour porter Ubuntu sur certains de ces portables ?

De nombreuses personnes installent Ubuntu sur leurs UMPC, je pense donc qu’il est raisonnable que des fabricants puissent choisir de le pré-installer. La décision leur appartient ! Si vous pensez que ce c’est une bonne chose, alors cela vaut probablement la peine que vous les encouragiez à le faire.

17) Beaucoup d’analystes parlent d’une conquête du marché mobile par GNU/Linux dans les cinq ans à venir. Du smartphone à l’UMPC : le futur est Linux. Pouvez-vous parler de Ubuntu Mobile, de son concept, du présent et du futur ?

Oui ! Intel conduit un projet appelé Moblin, qui vise à produire une plate-forme pour le logiciel mobile destinée aux appareils portables, et sur laquelle nous basons Ubuntu Mobile. Les premières versions sont déjà sorties et la feuille de route est très excitante.

Il était généralement très coûteux de produire du logiciel pour des appareils électroniques grand public, car ils étaient tous construits sur du matériel spécialisé avec des systèmes d’exploitation et des environnements de développement d’application spécialisés. Nous avons pour objectif de changer cela – pour faire en sorte que vous puissiez faire un .deb pour x86 qui puisse être installé sur n’importe lequel de ces appareils électroniques grand public utilisant cette plate-forme. Cela permettrait de développer considérablement l’innovation dans le domaine du mobile.

18) Que pensez-vous de vos concurrents ? Fedora/Red Hat, openSUSE et Mandriva font du bon travail en plus de Ubuntu. Quelle distribution GNU/Linux préféreriez-vous si vous ne pouviez pas utiliser Ubuntu ?

Oui, toutes les distributions apportent leurs contributions à l’art et à l’industrie du logiciel libre. Je suis très heureux que de nombreuses sociétés continuent d’investir dans Linux, cela donne un écosystème plus sain et plus vivant qu’il ne le serait si une seule société le dominait. Je suis donc très content de cette concurrence. Si Ubuntu n’existait pas, j’utiliserais Debian.

19) Et quel est votre sentiment à propos de la dernière acquisition de Sun (MySQL) ? Travaillez-vous avec Sun pour porter OpenJDK sur Ubuntu ?

MySQL est une super société et une très bonne chose pour Sun. J’espère qu’ils sont heureux ensemble et que la société continuera de produire un superbe logiciel de gestion de base de données.

Oui, OpenJDK fait partie de la version 8.04 de Ubuntu (cependant ce n’est pas encore au coeur du système, et pas encore l’environnement Java par défaut). Nous espérons que la version 8.04 LTS sera certifiée TCK le moment venu. Et plus que tout, nous sommes reconnaissant envers les gens de Sun de nous avoir permis de conditionner OpenJDK sous la forme d’un paquet propre à Ubuntu, soigneusement intégré au reste du système d’exploitation. Nous voulons atteindre un résultat qui s’approche du « tout Java, tout Ubuntu » et j’encourage vos utilisateurs à l’essayer ! Assurez-vous que « universe » est bien activé sur votre machine Ubuntu, puis tapez « sudo apt-get install openjdk-6-jdk ».

20) Quels sont les prochains projets de Canonical ? Y-a-t’il des initiatives intéressantes en cours ?

Bien sur, mais ce n’est pas le bon endroit pour un communiqué de presse :-)

21) Enfin, pensez-vous que GNU/Linux soit « réellement » prêt pour le poste de travail ? De quelle façon pourrait-il être amélioré ?

Oui, je crois qu’il est prêt pour CERTAINS utilisateurs. Si vous voulez vraiment un poste de travail qui soit orienté vers le Web, alors Linux est un excellent choix, que ce soit avec Gnome ou KDE (Au fait, je suis vraiment impressionné par le travail effectué dans le cadre de KDE4). Nous savons qu’il y a des millions de personnes qui utilisent Linux aujourd’hui. Et nous nous focalisons sur la résolution des problèmes qui empêchent encore plus de personnes de l’adopter.

Je crois que le logiciel libre est intrinsèquement une meilleur manière de concevoir du logiciel. Mais nous ne devrions pas espérer être jugés sur notre moralité, nous devrions plutôt nous attendre à être jugés sur nos logiciels. Nous devons livrer quelque chose qui ait une meilleure APPARENCE et offre un meilleur CONFORT, alors nous pourrons espérer que les gens l’adopteront pleinement. Et une fois que les gens réaliseront qu’ils ont quelque chose de meilleur ET de durable ET porteur de plein de libertés, le monde sera alors un endroit fondamentalement différent. C’est notre but.

22) Notre entretien semble être terminé. Avez-vous quelque chose à ajouter pour nos lecteurs ? Merci pour votre temps et continuez cet excellent travail !

S’il vous plaît, participez ! Il y a de nombreuses manières de s’impliquer dans les projets en amont ou dans Ubuntu. Aidez à passer le mot, corrigez une bogue, ou traduisez quelque chose sur le poste de travail en italien !

Origine : Interview with Linux-Magazine Italia