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Cet article est ma traduction en français d’un billet que Mark Shuttleworth à publié en anglais sur son blog le 27 juin 2007.

Une distribution occupe une niche très particulière dans l’écosystème du logiciel libre. Entre autres choses, nous devons accepter une certaine responsabilité pour TOUS les défauts logiciels (« bogues ») que les utilisateurs rencontrent dans l’ensemble de la distribution. La plupart des utilisateurs n’installent pas leurs applications à partir des sources disponibles en amont, ils les installent à partir des paquets présents dans leur distribution. Donc lorsqu’ils ont à faire à une bogue, ils ne savent pas s’il s’agit d’une bogue introduite par la distribution, ou une bogue dans le code source sous-jacent. Ils ne savent pas, ils s’en moquent, et effectivement, ils n’ont pas à s’en préoccuper. Ils remontent généralement l’erreur à l’éditeur de leur distribution, et la manière dont nous répondons est importante, car c’est une occasion de consolider tout l’écosystème.

J’avais un professeur qui était très opposé à l’utilisation du terme « bogues ». Il disait que le terme « bogue » était une gentille image pour un « vilain insecte », et de manière similaire, les défauts logiciels sont potentiellement à même d’engendrer de sérieuses conséquences, ce qui fait que nous ne devons pas les traiter à la légère. Travailler sur les bogues est un travail sérieux, et c’est une des formes de contribution les plus importantes que Ubuntu puisse apporter au monde numérique, aussi je voudrais saluer les efforts extraordinaires de l’équipe de l’assurance qualité et des chasseurs de bogues. Des initiatives comme cinq-par-jour ont déjà induit une énorme différence pour nos utilisateurs. Comme le dit Henrik Omma, le rapport de bogue efficace nécessite une approche diligente et professionnelle et j’ai remarqué une réelle amélioration de notre communauté. Nous espérons pouvoir faire bénéficier tout l’écosystème du logiciel libre de cette compétence.

Ubuntu reçoit autant de rapport de bogues que OpenOffice, Mozilla, Gnome et KDE combinés. La majorité des bogues sont des problèmes qui viennent des versions en amont, ou de Debian. Notre premier objectif est de nous assurer que les correctifs que nous produisons, et que les informations que nous introduisons dans le processus d’assurance qualité, remontent bien vers les projets en amont où elles serviront à toute la communauté. D’un autre côté, nous voulons faire en sorte que chaque version de Ubuntu soit livrée sans défauts majeurs, indépendamment de l’origine de ces défauts. Nous sommes responsables des conditions d’utilisation de chaque ligne de code, même si nous ne produisons pas chaque ligne de code.

Au mois d’avril 2008, j’ai recensé les nombres bogues ci-dessous dans de grands projets FLOSS :

Projets en amont :
Mozilla

5,334

OpenOffice

1,076

Gnome

5,364

KDE

1,335

Total :

13,109

Distributions :
Ubuntu

13,064

Debian

5,103

Avec du recul, avril était peut-être mal choisi, car c’était un mois de publication d’une version de Ubuntu qui va généralement avec une petite augmentation du nombre de bogues enregistrées. Il serait intéressant de voir les statistiques d’autres distributions, et projets, sur une année. Mais la tendance générale est claire – parmi nos familles de distributions, Ubuntu charrie le gros de la charge relative au suivi des bogues, au tri et à la gestion des correctifs – non seulement pour les utilisateurs, mais pour une grande partie du logiciel libre utilisé.

Quand j’ai fouillé dans les données pour voir comment nous remontions les bogues en amont, j’ai découvert quelque chose d’assez mitigé. Dans de nombreux cas, nous le faisons effectivement très bien. Nous avons par exemple une très bonne relation avec GNOME, avec très haut pourcentage de bogues relayés vers le gestionnaire de bogues en amont. Dans d’autres projets, il est difficile de donner un point de vue définitif. Le pourcentage varie selon que les membres de l’équipe de Ubuntu ont de bonnes relations avec les projets en amont, ou qu’une personne fasse l’ambassadeur de Ubuntu auprès du projet en amount (c’est super pour faire la différence si vous portez une attention particulière à une application dans Ubuntu !) ou que le projet en amont y trouve lui-même son intérêt.

Nous devons améliorer les outils qui permettent de gérer ce types d’échanges entre projets. Launchpad nous permet actuellement de suivre l’état d’une bogue dans de nombreux gestionnaires de bogues, et il commence à y avoir pas mal de distributions et de projets en amont qui utilisent soit Launchpad directement ou qui échangent efficacement des informations. Nous continuerons d’améliorer la qualité des échanges au sein de l’écosystème tout entier, y compris avec les projets qui n’utilisent pas Launchpad.

Original : Ubuntu’s role in bug management for the whole free software stack