Depuis plusieurs semaines, je lis beaucoup de choses plus ou moins précises et plus ou moins objectives concernant les partenariats conclus entre IBM, Canonical et Red Hat pour développer l’offre IBM Client for Swart Work (ICSW).

Si l’accent est très souvent mis sur les tentatives faites par ces sociétés pour contrer Microsoft à l’occasion de la sortie de Windows 7, comme cela avait déjà été le cas de manière peu fructueuse lors de la sortie de Vista, ce n’est pas le point qui m’intéresse. L’évolution de la communauté des utilisateurs de Ubuntu satisfaits par la qualité de cette distribution me semble en effet bien plus important que la correction du Bug #1 de Mark Shuttleworth.

Faisant fi de ICSW comme alternative à Vista et Seven pour de louables économies d’échelles, d’optimisation du TCO et autres considérations marketing, j’ai eu envie de savoir vraiment à quoi correspondait cette offre. J’ai donc passé un peu de temps à tester ce qui est disponible actuellement et je vous propose un rapide tour d’horizon qui devrait vous permettre d’y voir un peu clair sur le potentiel de ICSW.

ICSW, le client d’IBM pour travailler intelligemment

La présentation de IBM Client for Swart Work sur le site d’IBM fait état de deux plate-formes : Ubuntu et Red Hat Entreprise Linux. Pour faire court, Canonical et Red Hat proposent une version Desktop de leurs distributions intégrant des outils de la gamme Lotus d’IBM. L’idée étant de proposer des postes de travail pour la bureautique, couvrant les besoins génériques en messagerie et collaboration. Dans les faits, ces deux distributions proposent Lotus Notes et Lotus iNotes, et intégrent des composants pour Lotus Sametime, Lotus Symphony et LotusLive. Ubuntu offre également une version spécifique pour Netbook, incluant Lotus Symphony et l’accès à LotusLive, ainsi qu’un bureau virtuel basé sur la solution Virtual Enterprise Remote Desktop Environment (VERDE) de Virtual Bridges. À première vue, il y aurait donc un petit avantage pour la distribution Ubuntu qui propose plus de choix.

Je commence donc par vous présenter ICSW pour Red Hat Entreprise Linux Desktop.

ICSW pour Red Hat Entreprise Linux Desktop

Dans le cadre de l’IBM Alliance, Red Hat propose IBM Lotus Notes Live DVD. Il s’agit d’une machine virtuelle de démonstration basée sur Red Hat Linux Entreprise Desktop, téléchargeable ici (965 Mo) et accompagné d’un petit guide d’installation. Une fois téléchargée, il suffit de lancer charger l’image ISO dans VirtualBox pour voir apparaître un joli bureau.

ICSW pour Red Hat Entreprise Linux Desktop

Un petit clic sur l’icône Lotus Notes 8 lance le client de messagerie et de collaboration d’IBM. Avant d’accéder au menu principal de Notes, une petite boîte de dialogue m’informe que je dispose d’une  période d’évaluation de 60 jours.

ICSW pour Red Hat Entreprise Linux Desktop

L’objet de cette présentation n’étant pas de détailler le fonctionnement de Notes, je vous montre simplement le menu principal qui permet d’accéder aux différentes applications intégrées pour utiliser le courriel, les calendriers, les contacts, les tâches, les documents textes, les présentations, les feuilles de calculs et un journal personnel. Pour vous montrer l’interface type d’une de ces applications, je clique sur le bouton Mail.

ICSW pour Red Hat Entreprise Linux Desktop

L’impression est bonne, on peut naviguer facilement dans les dossiers, ouvrir des messages, mais ne l’oublions pas ce n’est qu’une démonstration. L’indicateur « Offline » situé en bas à droite de la fenêtre me rappelle que Notes fonctionne en local, sans connexion effective à un serveur Domino.

Après la messagerie je pourrais continuer l’évaluation de Notes en consultant les calendriers ou en ouvrant des documents, mais ma visite s’arrête là car Sametime 7.5.1 n’est pas configuré et l’assistant d’enregistrement en ligne pointe vers une URL obsolète.

Voyons maintenant ce que propose Canonical avec son intégration de ICSW pour Ubuntu.

ICSW pour Ubuntu

Comme je l’ai indiqué plus haut, Canonical à mis au point deux types de clients, un basé sur Ubuntu Desktop et l’autre sur Ubuntu Netbook Remix. Si la version Desktop est conçue pour un usage classique en bureautique sur un PC conventionnel, la version Netboox Remix est spécifiquement étudiée pour les Netbooks.

ICSW pour Ubuntu Desktop

Il s’agit là d’une machine virtuelle basée sur Ubuntu Desktop 8.04 LTS que vous pouvez télécharger ici (1.9 Go). Une fois téléchargée, il suffit de charger l’image ISO dans VirtualBox pour voir apparaître le bureau de « Hardy Heron ». À l’instar de Red Hat, Canonical n’a pas jugé bon de placer des icônes sur le bureau qui reste désespérément vierge de toute invitation à évaluer quoi que ce soit. Je dois donc aller fouiller dans les menus pour découvrir les outils d’IBM.

ICSW pour Ubuntu Desktop

Un petit clic sur le choix Lotus Notes 8.5 lance le client de messagerie et de collaboration d’IBM. Au démarrage de l’application, une petite boîte de dialogue m’informe que je dispose d’une  période d’évaluation de 90 jours. Ensuite j’accède au menu principal de Notes.

ICSW pour Ubuntu Desktop

Pour les mêmes raisons que j’ai évoquées au sujet de la version de Red Hat, je ne m’attarderais pas sur le fonctionnement général de Notes. Ceci dit, je tiens quand même à vous montrer l’interface permettant d’accéder au courriel car j’ai eu beaucoup de difficulté à la faire fonctionner – je vous en parle dans un instant. Je clique donc sur le bouton Mail. La boîte de réception et différents dossiers s’affiche alors, mais avec une esthétique nettement dégradée par rapport à celle de la version 8 distribuée par Red Hat.

ICSW pour Ubuntu Desktop

Pour en revenir aux difficultés que j’ai rencontré pour pouvoir voir quelques chose dans cette fenêtre, voici l’explication.

Cette machine virtuelle est un client et Canonical n’a pas comme l’a fait Red Hat, placé quelques données en local pour faciliter l’évaluation en mode déconnecté. D’ailleurs, vous remarquerez surement que le petit indicateur situé en bas à droite de la fenêtre affiche cette fois-ci « Offline ». Donc, comment faire pour tester Notes car je n’ai pas de serveur Domino sur mon réseau ? La réponse est simple mais elle a été un peu compliquée à mettre en œuvre et d’après le service de support d’IBM elle ne devrait pas fonctionner. Pourtant, j’y suis arrivé après avoir créé un compte LotusLive auquel j’ai fait ajouter l’option iNotes. Malgré l’intérêt que vous pourriez y trouver, je ne détaillerais pas la procédure que j’ai suivi car je ne la juge pas assez stable pour être conseillée.

Pour en revenir à ICSW pour Ubuntu Desktop, je me suis posé la question de savoir pourquoi Canonical n’avait pas poussé plus avant l’aspect démonstration dans cette machine virtuelle. Après réflexion, j’émet l’hypothèse que cette machine virtuelle a probablement été conçue pour être exploitée via la solution VERDE de Virtual Bridges afin d’être utilisée en mode bureau virtuel. Elle serait alors tout à fait prête à être connectée à un vrai serveur Domino.

Petite pause…

Je reviens un instant aux populations ciblés par ICSW, en vous rappelant que IBM et Canonical ont récemment annoncé qu’elles étaient les pays émergents, dont l’Afrique – une des motivations étant de réduire la fracture numérique pour contribuer au développement économique de ces pays. Ironie du sort, cette offre est maintenant disponible aux États-Unis, mais pour d’autres raisons. Quoiqu’il en soit, partant du principe que les Netbooks sous Linux sont des plate-formes bon marché, elles offrent une opportunité de déploiement non négligeable, même dans les pays démunis.

Dans ce cas de figure, le client fonctionnant sur une architecture matérielle limitée doit se reposer d’avantage sur des services en ligne. C’est ce que nous allons confirmer en observant de plus prêt ICSW pour Ubuntu Netbook Remix.

ICSW pour Ubuntu Netbook Remix

Cette version est disponible sous la forme d’une machine virtuelle de démonstration basée sur la version 9.10 de Ubuntu Netbook Remix (UNR) que vous pouvez télécharger ici (1.2 Go). Une fois téléchargée, il suffit de lancer charger l’image ISO dans VirtualBox pour voir apparaître le bureau particulier de UNR. Un peu comme Red Hat, Canonical a cette fois placé des icônes dans l’onglet « Favorites » pour faciliter l’accès aux différents outils à évaluer.

ICSW pour Ubuntu Netbook Remix

Je commence par la suite bureautique proposée en cliquant sur l’icône IBM Lotus Symphony. Une boîte de dialogue s’ouvre et je note qu’il s’agit de la version 1 de Symphony. Après un petit temps de chargement, j’accède à un menu simple qui permet de lancer un traitement de texte, un éditeur de présentations et un tableur.

ICSW pour Ubuntu Netbook Remix

Juste juste pour voir, je clique sur l’icône associée au traitement de texte – le démarrage est un peu lent mais pas rédhibitoire.

Si j’ai bien compris, cette machine serait plus destinée à exploiter des services en ligne que des applications locales qui pourraient se révéler peut efficaces compte-tenu des ressources disponibles. Je clique alors sur LotusLive pour voir si l’utilisation de mon compte est assez confortable.

ICSW pour Ubuntu Netbook Remix

La navigation sur le site conçu en Flash se montre assez fluide et malgré l’écran de 10 pouces (soit 25,6 cm en diagonale) je n’ai pas de mal à consulter les différentes rubriques. Ce premier contact via un ultra-portable me semble assez convaincant pour m’inciter à m’en resservir et même suggérer l’accès à LotusLive à partir de ce type de machine. Pour les curieux(ses) mon ultra-portable est un Tera Mobile Go équipé d’un processeur Intel Atom N270, avec 1 Go de RAM et un disque dur de 160 Go.

Pour terminer la visite, je clique sur Virtual Bridges VERDE Client et la fenêtre de connexion au service de bureau virtuel s’ouvre.

ICSW pour Ubuntu Netbook Remix

Malheureusement, je ne peux pas aller plus loin car je n’ai pas de compte sur ce service. Néanmoins, je suppose que c’est ici que Ubuntu Desktop aurait pu rejoindre Ubuntu Netbook Remix, ce dernier accédant à la machine virtuelle équipée de Lotus Notes 8.5 et Lotus Symphony 7.5.1 que je vous ai décrit précédemment. La question que je me pose maintenant est de savoir qu’elles sont les performances du client VERDE sur un ultra-portable. Peut-être aurais-je la possibilité d’en savoir un peu plus en m’adressant à Canonical ou à Virtual Bridges.

En conclusion…

Après cette première approche j’espère pouvoir consacrer à nouveau un peu de temps à l’étude de ICSW et surtout avoir une chance d’évaluer la pertinence du client VERDE sur un ultra-portable.

J’espère également que cette offre qui n’est pour l’instant disponible qu’en Afrique et aux États-Unis, pourra être étendue à d’autres pays car je pense qu’elle peut convenir dans de nombreuses situations, en particulier lorsque le besoin de communication avec des appareils légers est un plus, ou bien simplement la seule solution viable pour des raisons économiques. Ceci étant dit, il faudra au  préalable traduire les interfaces utilisateurs car, comme vous l’avez surement remarqué, presque tout ce que vous avez vu sur les copies d’écrans est en anglais.

En espérant que vous en savez maintenant un peu plus sur ce que peut apporter ICSW, je reste à l’écoute de vos commentaires et éventuels retours d’expérience sur le sujet.